FLEURISTE


N’importe quelle occasion est bonne pour offrir un bouquet. Une fête, une invitation, un mariage… Pour des compositions originales, les fleuristes font appel à leur créativité dès la formation.

Dans une salle du CFA (centre de formation d’apprentis) de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. Une dizaine de jeunes, filles et garçons, venus pour la plupart de l’Aube, confectionnent des bouquets. « Aujourd’hui, nous abordons le néodécoratif floral ouvert et fermé », explique Delphine Despret, formatrice. Fleurs blanches, feuillages verts, bandes de rotin, mais aussi sécateurs, mousse, agrafeuses… se trouvent pêle-mêle sur les tables de l’atelier. Tout est réuni pour permettre à chacun de révéler sa créativité et son esprit artistique.

Ces apprentis, parmi les cinquante que compte la filière, sont inscrits en BP (brevet professionnel) fleuriste. Ils ont validé leur CAP (certificat d’aptitude professionnelle) en alternance, en deux ans. Durant ces deux années, ils se sont formés de manière théorique et pratique à la botanique, la technologie professionnelle et la pratique en fleuristerie. Sans oublier les matières générales (mathématiques, français, environnement économique juridique et social…). Mais ces jeunes-là ont choisi d’aller plus loin dans leur formation avec des cours de gestion, notamment. « C’est un métier artistique dans lequel on peut se lâcher », commente Romain, 19 ans. « C’est aussi un métier polyvalent qui offre un contact avec la clientèle. Avec le BP, on apprend davantage à s’occuper de cette clientèle, à la conseiller. »

Pour travailler dans des conditions réelles, les fleurs sont commandées chaque vendredi via une plate-forme au Pays-Bas, livrées le mardi et conservées dans une chambre froide. « Selon mes envies », dévoile Delphine Despret « je commande des fleurs du quotidien mais aussi exotiques. Cela dépend également du thème que l’on va aborder, que ce soit végétatif, décoratif ou linéaire (des lignes très épurées dans le style de l’art floral japonais ikebana) »

Quelle que soit la nature de la fleur ou de la plante utilisée, les apprentis doivent connaître son nom, sa famille, ainsi que ses conditions de conservation et d’entretien. « Le fleuriste doit être apte à renseigner au mieux le client. Il doit être le plus complet possible. Et c’est en ça que notre formation se veut professionnelle. Tant par la théorie et la pratique apprises au CFA, que par l’alternance qui permet une immersion dans le monde du travail », insiste Thierry Gigon, responsable du pôle Métiers de services (comprenant la vente et le commerce, la coiffure et la fleuristerie) qui regrette, par ailleurs, que de plus en plus d’artisans ferment boutique. Les fleurs étant considérées comme un luxe.

« La fleuristerie, ça ne se fait pas comme ça ! »

Mathilde a 17 ans, mais la maturité d’une adulte. « Après mon CAP, j’ai choisi de poursuivre avec le BP, parce qu’il y a plus de création. On peut mieux exprimer ses idées. » La jeune fille qui se destinait initialement à une carrière de coiffeuse-visagiste a pris un tout autre virage. « Je pense qu’il y a plus de débouchés dans la fleuristerie ! Tu peux apporter ta signature. » Satisfaite de la formation qu’elle suit au CFA de Châlons-en-Champagne, elle tient toutefois à tempérer : « C’est très agréable de travailler avec des éléments naturels, mais il faut suivre… Ça ne se fait pas comme ça ! Il y a du travail pour y arriver ! » En effet, en plus des contrôles continus, des épreuves théoriques et pratiques, les apprentis doivent rendre un dossier présenté à un jury composé d’un professionnel et d’un formateur. « Ce dossier doit regrouper tous les savoirs associés acquis sur deux ans », précise Thierry Gigon.

Une fois le BP obtenu, le jeune diplômé peut parfaire ses connaissances avec un BM (brevet de maîtrise), dispensé plus généralement dans les chambres de métiers et d’artisanat, faisant du fleuriste un artisan expert. Grâce à ce brevet, le fleuriste peut se destiner à la formation mais également participer à des concours de prestige tels que celui de meilleur ouvrier de France.

Audrey Joly

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