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Avoir la bosse du commerce et le sens du contact sont primordiaux pour devenir opticien-lunetier et conseiller au mieux les clients dans le choix de leurs lunettes ?


« Après vingt-cinq ans à travailler dans le commerce, je voulais changer de voie et le métier d’opticien m’intéressait vraiment. » À 49 ans, Naïma veut se sentir encore plus utile aux gens qu’elle côtoie. Titulaire d’un bac sciences médico-sociales, elle n’avait pas eu l’occasion jusque-là de mettre en application ses connaissances. « J’ai vendu des tas de choses, des vêtements, des chaussures, des accessoires… Mais aujourd’hui,  je reprends mes études pour pouvoir conseiller les clients dans le domaine de l’optique. Cela reste reste un accessoire pour certains, mais non négligeable pour d’autres ! « 

Pour sa reconversion, Naïma a d’abord passé quelques semaines chez un professionnel pour mieux se rendre compte du métier. Elle devra désormais obtenir un BTS opticien-lunetier. Une formation dispensée, notamment, au Pôle Pasteur, centre de formation d’apprentis de la santé et des sciences de la vie à Bétheny, dans la Marne. Elle pourra ensuite pousser sa spécialisation. « Mais chaque chose en son temps. Ce qui m’intéresse avant tout c’est de pouvoir conseiller les clients. J’ai déjà pu en avoir une approche lors de mes stages. Le fait d’être un bon commercial est déjà très important pour exercer ce métier, explique-t-elle. Pour ça, je n’ai pas de problème. Je sais trouver les mots justes pour convaincre le client et j’ai déjà un sens de l’esthétique… »

Naïma sait maintenant que le métier d’opticien est très délicat. « La santé des yeux de nos clients dépend de nous. Il faut être précis dans les gestes et être habile notamment dans le montage des verres ou la réparation des montures. Par ailleurs, je n’imagine pas aller chez un professionnel qui ne connaîtrait pas son métier. C’est pourquoi, des connaissances en ophtalmologie me sont indispensables. Ce que je compte bien approfondir pendant ma formation !  » Et cette mère de deux enfants se dit « motivée à 200% ». « Je sais que je serai entourée de jeunes gens en recherche d’un premier emploi. Du haut de mes 49 ans, j’avais quelques appréhensions. D’autant que changer de vie, quand on a des enfants, n’est pas si simple. Mais après avoir démarché plusieurs employeurs, j’ai pu me rendre compte que des opportunités pouvaient se présenter à moi. »

En effet, avec le nombre en constante augmentation de personnes ayant des problèmes de vue, le métier d’opticien-lunetier a encore un bel avenir devant lui.

En attendant de commencer sa formation, Naïma travaille déjà : « J’ai consulté les corrigés des précédents BTS qui sont proposés sur internet… » Histoire d’en mettre plein la vue dès la rentrée !

Audrey Joly

OPTIQUE, COMMUNICATION, GESTION…

Le BTS opticien-lunetier est obligatoire pour exercer et ouvrir un commerce. La sélection se fait sur dossier et entretien de motivation. Il est conseillé de présenter avec un bac S (spécialité mathématiques ou physique), STL (sciences et technologies de laboratoire) ou STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable).

Il est également possible de préparer, dès la 3e, le bac pro optique-lunetterie qui forme des monteurs-vendeurs capable d’assister l’opticien dans la réalisation, le montage et la réparation des équipements optiques. Si ce diplôme à pour objectif l’insertion professionnelle, avec un très bon dossier ou une mention à l’examen, une poursuite d’études est envisageable en BTS (brevet de technicien supérieur).

Ce BTS, d’une durée de deux ans, est dispensé au centre de formation d’apprentis de la santé et des sciences de la vie, à Bétheny, dans la Marne. Au programme de cette formation : français ; anglais ; communication ; gestion ; mathématiques ; optique géométrique et physique ; étude technique des systèmes optiques ; analyse de la vision ; mesures faciales ; étude, réalisation et contrôle d’équipement. Dans le même temps, l’apprenti est en stage pendant six semaines, afin d’appréhender les réalités professionnelles et d’acquérir des compétences notamment en communication, au contact de la clientèle. En majorité, les jeunes diplômés sont recrutés chez les grands distributeurs. Après plusieurs années d’expérience comme employés, ils peuvent s’installer à leur compte.

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