PARAMÉDICAL


 

Sans se prétendre médecins, des professionnels aident leurs clients à se sentir mieux dans leur corps. À Reims, Anaïs Abedini a préparé en détail sa reconversion professionnelle.

Le smartphone vibre, les voitures klaxonnent, les collègues de travail hurlent… Comment ne pas ressentir du stress ? « C’est un mal de notre époque, explique Anaïs Abedini, 29 ans, sophrologue installée à Reims. Il est possible de prendre du recul par rapport à tout ça, on a besoin de temps pour souffler. » Sophrologie, réflexologie, yoga… Dans la galaxie du bien-être, comment s’y retrouver ? « La sophrologie est un ensemble de techniques qui allient le psychique et le corps. Reprendre conscience de son corps, parvenir à une harmonie », explique Anaïs Abedini. « On travaille beaucoup sur la respiration, c’est l’un des seuls mécanismes du corps que l’on peut contrôler. » La discipline a été inventée par un neuropsychiatre, mais la sophrologie peut aujourd’hui être pratiquée par des non-médecins. « On ne peut pas traiter des cas de dépression, nous ne sommes pas des médecins », confirme la sophrologue rémoise. Mais nous pouvons venir en complément, sur le conseil du médecin traitant. » Parmi ses patients, la jeune femme a, par exemple, compté « une personne en épuisement psychologique, qui trouvait compliqué de se projeter, voyait le futur en noir. En travaillant sur des images positives, en l’aidant à apprécier le moment présent, elle a retrouvé la sérénité. »

En novembre 2015, la sophrologue ouvre son cabinet à Reims. L’aboutissement d’une reconversion professionnelle. « Après le bac, j’avais envie de tout faire : archéologue, médecin… et j’ai opté pour des études littéraires. » Après un master 2 en lettres modernes à l’université de Lille-3, Anaïs Abedini devient rédactrice pour des sites internet : « J’écrivais beaucoup sur le bien-être au travail et les risques psychosociaux. Mais j’étais souvent devant mon ordinateur, j’avais besoin d’interactions avec les gens. » Après un stage chez une sophrologue, aidé par Pôle Emploi, la jeune femme décide d’entamer une reconversion. « Dans ma famille, tout le monde est chef d’entreprise. Ma sœur est psychologue, mon frère fait du recrutement. Je me suis inscrite à une formation en création d’entreprise, chez BGE à Villeneuve-d’Ascq. J’ai peaufiné mon projet, commencé un cursus à l’Institut de formation à la sophrologie de Paris. » En trois ans, la jeune femme parvient à se lancer. À Reims, pour suivre son conjoint. Mais l’indépendance professionnelle qu’elle a gagnée a un prix. « Tous les matins, il faut apprendre à se motiver. Même un jour où il n’y a pas de client, il y a des choses à faire, il faut lire, se tenir au courant… Il faut beaucoup de créativité. »

Des exercices sur smartphone

Son projet : développer une application smartphone (plusieurs existent déjà) et un site internet, avec des exercices de sophrologie. « On est tous de plus en plus connectés. Mais pour continuer à accompagner mes clients, j’aimerais leur fournir un bouton « Déconnecter » sur leur téléphone. Qui donne accès à des exercices, pour continuer chez eux ce que l’on aura vu ensemble. Je souhaite aussi lancer un site internet pour toucher les personne isolées, ou qui se trouve à l’étranger. » Pour Anaïs Abedini, c’est une façon d’utiliser ses compétences acquises auparavant. « C’est très bien d’avoir plusieurs cordes à son arc, estime la sophrologue. À un jeune qui voudrait se lancer, je conseillerais de se former aussi à un autre domaine que la sophrologie. Il peut devenir psychologue, infirmer, travailler dans la communication… Ce sera de toute façon une richesse. »

D’autres envisagent la sophrologie comme reconversion, plus tard dans leur carrière professionnelle, ou d’exercer à côté d’une autre activité.

Charles Montmasson

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