TOURISME


Parmi les nombreux métiers du tourisme, les guides-conférenciers ont littéralement la clef des plus beaux sites de la région. Leur mission : partager avec nous ces richesses.

« J’ai créé mon propre travail. » En novembre, Gaëlle Champion s’est installée à Soissons. Titulaire d’un master dans le patrimoine et d’un autre dans l’ingénierie touristique, la jeune femme conduit depuis quelques jours des groupes en visite au château de Coucy, dans l’Aisne. Mais n’a pas encore de titre officiel : « Pour être guide-conférencière, il faut passer un examen », explique-t-elle. Malgré ses diplômes, Gaëlle Champion a donc entamé une autre formation, au Cnam (Conservatoire des Arts et Métiers), à Reims, et suit des cours trois fois par semaine. « La formation porte sur le patrimoine de Champagne-Ardenne, précise-t-elle. Mais comme je travaille aussi dans l’Aisne, notamment à Coucy, je dois connaître aussi le patrimoine axonnais. »

« Escaliers à clou et « voûtes d’olive »

En attendant d’avoir son diplôme l’année prochaine, Gaëlle Champion travaille au « coup par coup » dans différents sites touristiques. « C’est précaire, mais je suis assez indépendante dans mon emploi du temps, fait valoir la jeune femme. Surtout, j’adore échanger avec les visiteurs, transmettre et recevoir. Dans le Nord de la France, on a de la chance d’avoir une richesse de sites médiévaux, j’aime dire aux gens : vous voyez tout ce qui s’est passé à côté de chez vous ! « 

Avant la Première Guerre mondiale, le château de Coucy était l’un des sites les plus visités de France. Mais en Mars 1917, dans sa retraite, l’armée allemande a décidé de le faire sauter. Des fières murailles du château d’Enguerrand VII, remontant au XIVᵉ siècle, il ne reste plus que des ruines. « Ce qui est compliqué, c’est qu’il faut faire appel à l’imaginaire quand on fait visiter le site », explique Gaëlle Champion. « Mais ça marche très bien avec les enfants, c’est facile de leur demander d’imaginer. Ils deviennent chevaliers, rois… » Ce vendredi, avec une classe de CM1, la guide a montré aux enfants comment fabriquer leur propre sceau, comme celui qui ornait la correspondance des seigneurs du Moyen Âge.  Une façon ludique de se plonger dans l’histoire. « Face aux visiteurs, on ne s’ennuie jamais. Les questions ne sont jamais les mêmes. » 

Encore plus face à des groupes d’enfants. Gaëlle Champion et sa collègue Aurélie Bourgeois ont leur florilège, tiré de leur expérience avec des groupes scolaires. Dans la bouche des enfants les « escaliers à vis » deviennent « escaliers à clou », les « voûtes d’ogive », « voûtes d’olive », et les « armoiries » se rangent logiquement dans les « armoires« . « J’en ai même un qui pensait que les gens du Moyen Âge vivaient en noir et blanc », se rappelle, avec un sourire, Aurélie Bourgeois. Cette dernière n’est pas non plus titulaire du diplôme officiel de guide-conférencier, mais a un master de recherche en histoire de l’art. « Enfants ou adultes, j’essaie de faire comprendre que le Moyen Âge n »est pas cette période d’obscurité que l’on a parfois en tête » indique-t-elle.

Apprendre des langues

« Il n’y a pas beaucoup de postes en CDI, mais si quelqu’un veut vraiment faire ce métier, il faut qu’il se lance ! conseille Gaëlle Champion. Pour ma part, je ne savais pas trop quoi faire après une classe prépa littéraire. J’ai pensé à l’archéologie, et puis je me suis tournée vers l’histoire de l’art. Apprendre les langues est un vrai plus car les guides-conférenciers interprètes sont davantage recherchés et mieux payés. Moi, je prends des cours d’anglais. » Après, comme avec tous les métiers liés au tourisme, il faut savoir s’organiser de manière saisonnières : l’essentiel de l’activité se déroule entre mai et septembre.

Charles Montmasson

 

 

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