GENDARMERIE


Comptables, mécaniciens, plongeurs ou maîtres-chiens… Le major Patrick Rogissart, recruteur à Reims, passe en revue la palette des métiers exercés par les gendarmes.

Quels métiers peut-on exercer au sein de la gendarmerie ?

Il y a d’une part la branche opérationnelle, où on va recruter des sous-officiers et officiers de gendarmerie, qui assurent la sécurité publique, font des enquêtes judiciaires. Et d’autre part, les personnels administratifs et techniques. Comme dans le reste de la fonction publique, on a des personnels en catégories A, les officiers, qui sont nos cadres supérieurs. En catégorie B, les sous-officiers sont nos encadrants, et nos exécutants sont des gendarmes adjoints volontaires, qui sont en catégorie C.

Il est donc possible d’exercer des fonctions très variées ?

Un sous-officier de gendarmerie, à l’issue du concours et de sa formation dans une école de gendarmerie, va être au service du public, faire des enquêtes judiciaires. Le gendarme adjoint, qui est un exécutant est recruté pour le seconder. Ce sont eux que l’on voit sur les routes, sur les enquêtes. Dans le domaine administratif et technique, on va recruter des spécialistes dans le domaine des ressources humaines, des comptables, des mécaniciens, des secrétaires, des cuisiniers…

Quels profils cherchez-vous en ce moment ?

On a toujours des besoins spécifiques dans toutes les catégories. Pour les officiers, le concours est en fin d’année. Pour nos sous-officiers, deux concours sont organisés. Et pour nos gendarmes adjoints volontaires, c’est un concours permanent. Ces derniers représentent la plus grande partie du recrutement : ils seront 7000 à intégrer la gendarmerie, cette année dans toute la France.

Quelqu’un qui commence comme gendarme volontaire pourra-t-il gravir les échelons ?

Oui, il y a chez nous un ascenseur social ! Car il ne suffit pas d’entrer pour se laisser monter. On donne la possibilité à des gens qui entrent sans diplôme de pouvoir évoluer dans la hiérarchie et de passer des concours d’un niveau supérieur. Cela nécessite un investissement personnel pour gagner en responsabilités.

Est-ce que vous cherchez un type de candidats en particulier ?

Pas du tout ! À noter qu’il n’y a plus de condition de taille pour entrer dans la gendarmerie. Le profil d’un candidat gendarme adjoint, aujourd’hui, c’est quelqu’un de titulaire ou non d’un diplôme, entre 17 et 26 ans, qui est « de bonne moralité », comme on dit (sans casier judiciaire, ndlr) et qui réussit les épreuves de sélection. Ce sont des QCM, qui se passent tous les mercredis à Châlons. On teste la personnalité, la connaissance générale et la pratique du français.

Quelle question les candidats vous posent-ils le plus souvent ?

Ils me demandent : quel est le quotidien d’un gendarme ? Mais il n’y a pas de journée type, parce qu’on travaille en fonction de l’événement. Je raconte souvent l’une de mes journées : j’étais invité à boire le café chez le député-maire, en Haute-Saône. Je n’ai pas fini le café, on est parti sur un accident de la route. Un poids lourd s’était couché sur quatre voies de circulation, il faisait -15°C dehors. Il fallait constater, assurer la sécurité. Et après je suis intervenu sur une enquête judiciaire importante, qui m’a conduit quatre ans, à témoigner devant une cour d’assises à propos d’un homicide. Notre journée de travail est imprévisible !

Comment devient-on plongeur ou cavalier ?

Le but, c’est d’abord de faire découvrir le métier général. Mais au bout de quelques années, les sous-officiers peuvent se spécialiser dans différents domaines. Des jeunes filles souhaitent devenir cavalières à la Garde républicaine, des garçons veulent intégrer les unités de sécurité routière à moto. Il y a les maîtres-chiens… À Dienville, dans l’Aube, on a aussi, par exemple cinq plongeurs qui sont spécialistes en investigation criminelle subaquatique.

Charles Montmasson

UNE PRÉPA INTÉGRÉE AU NIVEAU BAC+5

Pour les étudiants en Master 2, une prépa est accessible, sur critères sociaux, dans l’objectif de passer des concours de catégorie A. Chaque année, seize étudiants sont retenus au niveau national. Une formation sur mesure pour devenir officier après ses études. « C’est vraiment de la préparation individualisée, pour pousser les candidats à réussir. Et ça marche. Dans la Marne, on a par exemple un lieutenant à la tête de 35 personnels qui a fait l’école des officiers, via la classe préparatoire », fait valoir le major Rogissart, à Reims. Pour préparer sa candidature, le plus simple est de s’adresser aux centres d’information et de recrutement, à Reims ou Amiens.

 

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