Longtemps considéré comme une voie pour les élèves d’échec scolaire, l’apprentissage est aujourd’hui un vrai choix pour maîtriser un métier


Pour assurer la pérennité d’un métier, quoi de mieux que des jeunes formés par des professionnels. C’est sur ce principe que se base l’apprentissage. « Un patron rencontre un jeune, signe un contrat et, ensuite, le centre de formation d’apprentis (CFA) l’accompagne. » Philippe Vanthournout, directeur du CFA interpro de la Marre, croit en ce système d’alternance. « L’économie a des hauts et des bas », explique t-il. « Quand le cahier de commandes n’est pas plein, certaines entreprises ne voient pas l’intérêt de prendre de la main-d’œuvre. Mais c’est exactement le bon moment pour former les apprentis. » On peut ainsi passer plus de temps à leur montrer les bons gestes et mettre en pratique la théorie apprise en cours. Car c’est ainsi que fonctionne l’alternance. « La logique majoritaire veut qu’il y ait une semaine de cours pour deux semaines en entreprise », précise le directeur. Mais le nombre d’heures varie selon le diplôme choisi (CAP, brevet ou bac pro, BTS ou diplôme supérieur). Quant au maître d’apprentissage, il assure le reste de la formation, tout en rémunérant son apprenti.


81,5% de taux de réussite sans aucune sélection à l’entrée


Pour accéder à cet enseignement, il faut avoir entre 15 ans révolus et 26 ans (moins un jour) et être sorti de la 3ème. Il est également ouvert aux personnes en reconversion ou reprise ou création d’entreprise. « A condition d’avoir un projet complet et structuré », insiste Philippe Vanthournout.

Pour le directeur, « un apprenti amène une image dynamique dans l’entreprise, il permet de se remettre en question et de se tenir à la page. » Une « richesse » qui est valable dans les deux sens puisqu’elle permet également au jeune de trouver un équilibre et de mieux comprendre la théorie en s’investissant dans un métier.

Et si les deux parties ont deux mois de période d’essai, le CFA de Châlons-en-Champagne ne connaît que 8% de ruptures sèches. Quant aux taux de réussite sans aucune sélection à l’entrée, il s’élève à 81,5% et le taux d’insertion professionnelle (CDD,CDI ou poursuite des études), une fois le diplôme en poche, est de 81%. « Il est important de valoriser l’apprenti est son acte professionnel. Et qui dit progression, dit ambition et mobilisation », insiste Philippe Vanthournout. Et si l’apprenti n’est pas un remède à la crise, comme on pourrait le croire, « il est un investissement sur l’avenir. Il faut considérer cela comme une logique de construction du monde économique de demain », conclut le directeur marnais.

Audrey Joly

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