Difficile d’être embauché sans expérience professionnelle. À la sortie des études, le stage peut constituer une porte d’entrée sur le marché du travail.


« Je ne rentre qu’un week-end sur deux à Paris, chez mes parents. En fait, j’ai découvert pas mal de choses à faire à Reims. » Mi-février, Sabine Guérin, 24 ans, a entamé un stage chez Antea, à Bezannes, près de la gare TGV de Champagne-Ardenne. Étudiante en Master « Santé publique et risques environnementaux » à l’université de Paris Sud, la jeune femme s’est installé à Reims pour les six mois de son stage. « C’est exactement ce que je voulais faire, ingénieur d’étude. Nous analysons des sites, par exemple une usine désaffectée, qui pourraient présenter des risques environnementaux », explique-t-elle. Comme les autres employés – ils sont une vingtaine dans l’antenne de Reims -, l’étudiante arrive vers 9 heures, chaque matin, et fait ses trente-neuf heures par semaine. Aide à la rédaction de rapports, réunions, bientôt des sorties sur le terrain… Sabine Guérin a sa place dans l’entreprise. Comme stagiaire, c’est-à-dire qu’elle est là pour apprendre le métier : « Je sais que je peux poser des questions, et que les maîtres de stage vont me répondre. Je n’ai pas l’impression de déranger. »

Une étape vers le premier emploi

Les deux stagiaires de l’entreprise bénéficient d’un encadrement particulier. Autre différence par rapport à leur collègues : la rémunération. Près de 600 euros, avec quelques avantages appréciables comme les tickets restaurants. « C’est assez pour mon mode de vie étudiant, sur une période de six mois, estime Sabine Guérin. Mais je réalise que ce n’est pas viable à long terme, surtout si l’on a des enfants à charge ou que l’on vit dans une ville comme Paris ! Cela dit, mes camarades de promotion qui font des stages à l’étranger n’ont souvent rien. »

Mi-août, à la fin de son stage, la jeune femme pourra valider son diplôme. « J’aimerais bien rester dans l’entreprise, mais je ne sais pas si ce sera possible, confie Sabine Guérin. De toutes façons, le stage m’aura donné une expérience professionnelle pour enrichir mon CV. » Un passage important vers le premier emploi : « Un stage permet de savoir ce que l’on a vraiment envie de faire, explique-t-elle. J’ai longtemps hésité entre la recherche et un travail davantage sur le terrain. C’est un premier stage, l’année dernière, qui m’a fait découvrir ma voie. Avant d’y être, je n’avais même pas idée que le métier existait ! »


Dans un centre de recherche en biotechnologie


Gaspard Serres, 23 ans, est en stage jusqu’à fin juillet chez ARD à Bazancourt-Pomacle, dans la Marne.

« Je travaille sur la biofertilisation, raconte l’étudiant, en master 2 de microbiologie chez lui, à Clermont-Ferrand. Je suis allé voir des agriculteurs dans toute la Champagne-Ardenne, pour leur demander si on pouvait prélever du blé, du colza, dans leurs champs. De ces plantes, on extrait de la terre, où l’on cherche des micro-organismes qui favorisent le développement des plantes. L’idée c’est de réduire l’impact des engrais. » Pour décrocher ce stage dans un centre de recherche du groupe coopératif agricole Vivescia, Gaspard Serres avait envoyé une vingtaine de candidatures spontanées. « J’avais aussi été pris à Avignon, se souvient l’étudiant. Je trouve ça très bien de bouger, surtout que je me plais bien à Reims. »

Pour valider son master, le stage était obligatoire. « De toute façon, un employeur te demandera toujours de l’expérience », explique Gaspard Serres, qui prépare déjà la suite : « J’envoie des CV, des lettres de motivations. Ce n’est pas forcément évident de trouver un poste dans sa branche précise. »

Charles Montmasson

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