Dans la région, les producteurs et vendeurs de machines agricoles embauchent chaque année des spécialistes de l’agroéquipement. Des profils très recherchés.

Quand on pense au matériel agricole, l’image des drones ne vient pas forcément en tête. Et pourtant, à la rentrée 2016 ces avions sans pilote feront leur entrée dans les enseignements du pôle de formation en agroéquipement de la Suippe. « Les prises de vue permettent notamment de détecter les maladies qui touchent les plants agricoles », explique Bernard Bielmann, enseignant en agroéquipement et responsable du BTS au lycée de Somme-Suippe, dans la Marne. Cet établissement privé sous contrat propose des formations de la 4e au bac+2. Au-delà, une licence professionnelle permet de continuer un an vers le niveau bac+3 en partenariat avec l’IUT de Châlons-en-Champagne. En 2015-2016, l’établissement compte 232 élèves, dont une quarantaine en BTS. Mais pourrait en accueillir bien plus.

« On pense encore que ce sont des métiers sales, avec l’image de quelqu’un qui met les mains dans le cambouis, déplore Bernard Bielmann. Mais ces métiers-là n’ont rien à envier à l’automobile et aux travaux publics, avec du matériel high-tech, de l’informatique. On a de plus en plus de robots, par exemple pour la traite des vaches ou encore pour désherber. » Dommage qu’il n’y ait pas plus de candidats : les débouchés sont exceptionnels sur le marché du travail. « Cent pour cent de nos étudiants de BTS sont placés à l’issue de leur formation, se félicite Farida Rebiha, la directrice du pôle de formation, de Somme-Suippe. Et les entreprises commencent à solliciter les étudiants dès le mois de décembre. » Les trois quarts des étudiants acceptent un emploi, la plupart des autres continuent sur la licence pro, et 5% s’inscrivent en école d’ingénieurs. Des cursus longs, alors que certains étudiants ne pensaient pas, au départ, arriver jusqu’au bac. « Beaucoup d’élèves s’inscrivent en CAP dans l’optique de travailler le plus vite possible, explique Farida Rebiha. La formation est suffisante pour devenir ouvrier agricole. Mais, en décrochant ce diplôme, ils prennent confiance et décident pour la plupart de poursuivre sur le bac pro. »

L’école en lien avec les entreprises

En deuxième année de BTS, Joselin Bontemps, 19 ans, souhaite poursuivre ses études au Canada l’année prochaine. « Je m’intéresse au côté technique du métier, mais j’ai découvert l’agronomie pendant ma formation, et c’est d’abord ce domaine-là que je souhaite explorer », précise ce fils d’agriculteurs. Du coup, le jeune homme a envoyé une candidature pour une formation de quatre ans au lycée Laval de Québec. Dans sa promotion de BTS, les autres élèves travailleront en grande majorité pour les constructeurs et les concessionnaires de machines agricoles. « Ils seront inspecteurs techniques ou inspecteurs commerciaux, c’est-à-dire qu’ils feront l’intermédiaire entre les constructeurs et les clients », explique le formateur Bernard Bielmann. Les nombreux stages en entreprise, dès le CAP, préparent en priorité à ces métiers. Le pôle de formation tente d’élargir son recrutement, marqué par la présence de nombreux fils d’agriculteurs. « De plus en plus d’élèves arrivent d’un milieu urbain, attirés par le côté technologique du métier », souligne la directrice du pôle de formation.

L’un des enjeux, pour l’établissement, est de convaincre les titulaires d’un bac général de se tourner vers l’agroéquipement. « La première année permet d’acquérir ou de revoir les bases. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de la mécanique auparavant pour s’inscrire en BTS », tient à préciser Guillaumé Prével, chargé de communication. Quelles qualités faut-il avoir pour envisager cette carrière ? L’idéal, pour le formateur Bernard Bielmann, « c’est d’avoir l’esprit pratique et d’être un minimum débrouillard ! »

Charles Montmasson

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