Moins connues que les « traditionnels » centres de formation, les maisons familiales rurales (MFR) proposent une pédagogie où la place de l’humain est primordiale.


« Réussir autrement sa formation. » Le décor est posé. Spécialité des structures, des types de fonctionnement, des modes de recrutement… Le « réussir autrement » des maisons familiales interpelle forcément.

À Auve, Gionges et Vertus, dans la Marne, ainsi qu’à Lucquy, dans les Ardennes, les maisons familiales rurales (MFR), apportent une nouvelle façon d’apprendre à des jeunes (et des adultes) dans une structure à taille humaine. « C’est, tout de suite, ce qui m’a plu », raconte Isabelle Sauteraud, cadre de la fédération MFR dans la région du Grand-Est. « J’ai commencé par être formatrice, puis directrice d’une maison dans les Vosges pendant onze ans. » Il y a neuf ans, elle a pris des responsabilités à la fédération. « Désormais, je veux retransmettre ce que j’ai acquis tout au long de ma carrière, parce que j’aime plus que tout les valeurs que véhiculent ces établissements. »

Chaque maison familiale propose ainsi des formations en alternance (50% en stage et 50% en MFR) à tous les niveaux de l’enseignement professionnel. Le cursus se caractérise par sa pédagogie et son approche éducative spécifiques qui associent la formation générale et professionnelle en étroite relation avec la réalité du terrain, l’accueil en internat et en petits groupes, le suivi personnalisé des élèves, l’implication des parents et des entreprises, l’émergence du projet de chacun, le rôle d’accompagnateur des formateurs.

« Notre approche est originale en ce sens que les élèves découvrent le métier pendant leurs stages et reviennent avec des compétences qu’ils partagent et approfondissent ensuite avec leurs formateurs. Le but étant de trouver une transversalité et de donner du sens aux acquis. Quant aux matières générales, elles sont le plus souvent possible appliquées au domaine professionnel choisi par l’élève. » C’est-à-dire dans les domaines de l’agriculture, la viticulture, la viniculture et le cheval à Gionges, les travaux paysagers à Auve et les services aux personnes et aux territoires à Lucquy et Vertus.

Audrey Joly


Pas de sélection scolaire à l’entrée, juste de la motivation


Chaque maison est une structure autonome gérée par une association de loi 1901, « qui se crée par la volonté des territoires, avec les parents qui sont adhérents et ont donc voix au chapitre quant à la gestion de la maison », précise Isabelle Sauteraud.

De fait, cette implication des parents et des élèves fait vivre des valeurs : « On entretient le patrimoine ensemble, on participe aux tâches quotidiennes, on acquiert des « droits et des devoirs » que l’on mettra en application tout au long de sa vie, ensuite. » La directrice régionale tient toutefois à relativiser : « Nous ne sommes ni mieux ni meilleurs qu’ailleurs. C’est simplement notre crédo. »

Ces maisons familiales comptent de petits effectifs, « en moyenne une centaine de jeunes, mais jamais tous présents en même temps, puisqu’en alternance ». Ce qui permet un accompagnement personnalisé, une disponibilité du personnel encadrant, « voire même parfois de permettre à des jeunes de remettre le pied à l’étrier alors que le système éducatif classique ne leur convenait pas ». Et s’il n’y a pas de sélection à l’entrée, les jeunes doivent toutefois passer un entretien et signer un contrat pour prouver leur motivation. « Nous donnons sa chance à chaque jeune. C’est important -l’aspect humain encore une fois- pour nous de nous engager et de l’emmener le plus loin possible dans son choix de vie professionnelle. »

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