TRANSPORT


Trente-deux candidats sauront aujourd’hui s’ils ont obtenu leur carte professionnelle pour exercer le métier de taxi dans les Ardennes. La semaine dernière, ils passaient l’épreuve pratique.

Mardi matin, sur le parking de la direction départementale des territoires de Charleville-Mézières. Deux hommes patientent près d’un taxi école. Ils s’apprêtent à passer l’épreuve pratique pour obtenir leur carte professionnelle. Jacques a 52 ans. Il y a deux ans, il s’est retrouvé au chômage. « J’étais magasinier dans l’automobile, raconte-t-il. J’aimais bien le principe de devenir chauffeur de taxi. J’exerce déjà dans la Marne et je voulais pouvoir étendre mes compétences aux Ardennes. Notamment pour pouvoir exercer dans les centres de formation de taxi. »

Près de lui, Cyril, 23 ans. « J’ai arrêté l’école à 20 ans. Après plusieurs emplois précaires, notamment à La Poste, j’ai fait un stage de deux semaines en entreprise d’ambulances et de taxis. » Mais pour pouvoir être embauché, le jeune homme doit obtenir le certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi. Ainsi que sa carte professionnelle. « J’ai obtenu le financement de ma formation (1430 euros) grâce à Pôle emploi. » Et après trois semaines de formation intensive à la chambre de métiers et de l’artisanat des Ardennes, avec trente et un autres candidats, et l’obtention des trois premières unités de valeur (lire par ailleurs) le voilà à attendre de passer la dernière épreuve, celle de la pratique.

Alors que Jacques est parti avec les trois membres du jury (un représentant de la gendarmerie, un inspecteur des permis et une fonctionnaire des préfectures), Cyril stresse un peu. Mais deux de ses camarades de la formation passent sur le parking. « Pour soutenir les camarades de galère et de fortune, mais aussi pour savoir comment ça se passe », s’explique Eugénie, 42 ans. Elle est accompagnée d’Arnaud, 46 ans, lui aussi en reconversion. Il a passé l’épreuve la veille. « Tu verras, ils te mettent à l’aise. Mais il faut défendre nos Ardennes », conseille-t-il à Cyril.

Adapter son comportement à la situation tirée au sort

En effet, lors de cette épreuve, les jurés font tirer au sort une carte sur laquelle sont inscrits une mise en situation et un itinéraire. Le but du « jeu » étant d’adapter un comportement adéquat à la situation, tout en mettant en valeur la ville ou le département. Eugénie, elle, ne passera l’épreuve qu’en fin de journée. Aide-soignante pendant vingt-deux ans et maman d’une petite fille de six ans, elle a été licenciée. Cette formation est une chance de commencer une nouvelle vie. Elle a beaucoup révisé et refait les différents parcours de la ville pour ne pas se laisser impressionner lors de l’épreuve. Toutefois, l’émotion la gagne. « En partant sur autre chose, je dois montrer à ma fille les belles valeurs. »

Jacques revient. Sa mise en situation : « Un homme aviné que je devais récupérer au parc des expositions et convoqué à la gendarmerie. Il m’a testé sur ce que je pensais des gendarmes. Je ne suis pas tombé dans son piège ! » Cyril prend le relais. À son tour, tout semble s’être bien passé. « L’inspecteur du permis n’a pas touché les commandes. Je ne suis donc pas éliminé. »

 À 16 heures, vient enfin le tour d’Eugénie. Un peu fébrile, elle oublie de brancher le taximètre en partant. Rien de grave… La mise en situation, elle, est assez rocambolesque. Mais Eugénie aura tenu le coup tout au long de sa course. Une fois rentrée sur le parking, elle débriefe avec les autres candidats. Reste l’attente des résultats, aujourd’hui. S’ils sont positifs, les compagnons de formation partageront « une bonne Ardwen avec une tarte au suc ». S’ils sont négatifs, ils devront attendre l’année prochaine pour retenter leur chance.

Audrey Joly


LA FORMATION PROPOSÉE PAR LA CHAMBRE DES MÉTIERS ET DE L’ARTISANAT


La chambre des métiers et de l’artisanat des Ardennes (CMA) organise la formation (certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi) une fois par an. Elle dure 130 heures réparties sur trois semaines, dont dix heures de conduite. Des intervenants extérieurs assurent les cours des différentes unités de valeur, l’UV1 étant consacrée à la réglementation nationale et à la sécurité urbaine, l’UV2 à la connaissance de la langue française et de la gestion d’entreprises. L’UV3 est dédiée à la topographie et à la réglementation locales et à la tarification. L’UV4 est l’étape finale, celle de l’épreuve pratique avec mise en situation.

CMA 08, 8 Rue de Clèves, à Charleville-Mézières. Tél. 03 24 56 81 81. cm-ardennes.fr

  • Reply

    cedric

    20 06 2017

    madame , monsieur

    je suis trés intéresser par cette formation pouvez vous me communiquez les dates merci

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